située en Franche-Comté dans le département du Doubs

Châtillon

CHATILLON-SOUS-MAICHE


TOPONYMIE
Castellionis (1245, 1262), Chastaillon (1343), Chasteillon (1372), Chasteillon en Montagne (1417), Chatillon sous Meiche (1500), Chastillon soubz Maisches (1619), Chatillons sous Meiche (1784), Châtillon en Montagne (1792).
 CADASTRE
Premier cadastre établi en 1830. Territoire communal de 267 ha (1962).
HAMEAUX
Nods ; Combautier.
Situé à 630 mètres d’altitude à la mairie, le village de Châtillon-sous-Maîche est construit sur un haut-plateau jurassien qui culmine à 800 mètres. Village sans église, Châtillon-sous-Maîche n’est composé que de quelques fermes et des ruines d’un ancien château assis sur un rocher perpendiculaire qui domine la rive gauche de la vallée du Doubs, un peu en amont de Dampjoux. Cette position stratégique était une des clés de la défense du comté de Montbéliard et à l’ancien évêque de Bâle. Sous la forteresse, on avait creusé dans le roc un vaste souterrain (ou casemate) auquel on accédait par une porte encore visible sous l’une des tours.
 HISTOIRE
La seigneurie de Châtillon-sous-Maîche semble être un démenbrement de la seigneurie de Neufchâtel-Bourgogne à la fin du XII ème siècle.
Elle appartint successivement aux Comtes de la Roche, aux seigneurs de Vienne, au marquis de Hochberg et à la maison de Lorraine (cf château).
Pendant la révolution, Jean-Baptiste Jobin, officier municipal, participe activement à la Société Populaire de Chaux-lès-Châtillon, en 1792. Deux ans plus tard, les anabaptistes installés sur le territoire de la commune de Châtillon sont l’objet d’une enquête effectuée par le comité révolutionnaire de Saint Hippolyte. On les soupçonnait d’avoir fait passer de l’argent aux émigrés et d’avoir tenu des propos inciviques et anti-révolutionnaires. Des messes clandestines sont célébrées par des prêtres insermentés dans certaines fermes de Châtillon.
ECONOMIE – SOCIETE
Aux XIV ème et XV ème siècles, le village de Châtillon-sous-Maîche était ceint de murailles. Le 24 août 1315, Marguerite de Neufchâtel-Bourgogne, femme du comte Jean de La Roche, affranchit l’ensemble de la seigneurie. Parallèlement, se créa un corps de bourgeoisie.
En 1417, les franc-bourgeois payaient annuellement douze deniers estevenants par toise de maison, deux sous par « charée de foin qu’ils font en leurs prels » et des terrages. Les autres habitants de la seigneurie étaient corvéables. Ils devaient pour leurs terres cent vingt livres estevenantes de tailles. Les corvéables, mainmortables ou non, devaient aussi une geline par feu, l’ost et la chevauchée, les corvées de charrue trois fois l’an, chacune de ces corvées étant estimée à deux sols. Les dîmes et les terrages étaient « de douze gerbes deux ». Enfin, tous les hommes de la seigneurie devaient faire la « gaite » au bourg de Châtillon (six chaque soir, sur les murs de la petite ville fortifiée). En outre, seize sujets devaient assurer la garde au château.
Châtillon-sous-Maîche eut une foire annuelle jusqu’à la guerre de Dix Ans, qui décima la population, remplacée en partie par des fermiers venus de Suisse. La destruction du Château acheva de dépeupler le village, qui passa de 54 habitants en 1657 à 24 en 1688, car la majeure partie de Châtillon était constituée par la garnison et les officiers civils et militaires qui habitaient au château. La forteresse faisait vivre également un certain nombre d’artisans.�
En 1688, on dénombrait douze chevaux, vingt-deux bêtes à cornes et quarante moutons. En 1755, l’activité agricole avait encore diminué puisqu’on ne comptait plus que quatre chevaux, quinze bêtes à cornes, cinq porcs et vingt-quatre moutons.
Trois charrues permettaient alors de récolter six cent mesures de froment, six cent cinquante d’avoine et d’orge et cinquante de menus grains. Au début du siècle, en 1909, les cultures étaient sensiblement identiques, à l’exception de deux ha plantés de pommes de terre et un ha de betteraves fourragères. L’élevage avait repris un peu d’importance : neuf chevaux, soixante-quatre bêtes à cornes et trente-six porcs.
HISTOIRE RELIGIEUSE
Dès le XII ème siècle, le village de Châtillon-sous-Maîche relève de l’église mère de Chaux-lès-Châtillon. Le château possédait une chapelle dont le chapelain était nommé par le roi d’Espagne.